{"id":32299,"date":"2025-06-09T11:47:20","date_gmt":"2025-06-09T09:47:20","guid":{"rendered":"https:\/\/tapadum.com\/iranian-traditional-music-history-dastgah-system-and-instruments-2\/"},"modified":"2026-06-11T00:37:40","modified_gmt":"2026-06-10T22:37:40","slug":"musique-traditionnelle-iranienne-histoire-systeme-dastgah-et-instruments","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/tapadum.com\/fr\/musique-traditionnelle-iranienne-histoire-systeme-dastgah-et-instruments\/","title":{"rendered":"La musique traditionnelle iranienne : histoire, syst\u00e8me du dastgah et instruments"},"content":{"rendered":"<h2>La musique traditionnelle iranienne : histoire, syst\u00e8me du dastgah et instruments<\/h2>\n<p>La musique classique persane est une <strong>tradition modale<\/strong> aux racines historiques profondes. Ses origines remontent \u00e0 la Perse antique et \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque sassanide, o\u00f9 des musiciens royaux comme Barbod con\u00e7urent sept \u00ab modes royaux \u00bb et des centaines de m\u00e9lodies (une pour chaque jour de l&rsquo;ann\u00e9e). Au fil des si\u00e8cles, ces traditions orales ont \u00e9volu\u00e9 pour donner le <em>radif<\/em> : un r\u00e9pertoire de centaines de pi\u00e8ces m\u00e9lodiques organis\u00e9es par mode. Au XIXe si\u00e8cle, sous le m\u00e9c\u00e9nat qadjar, ce radif fut formellement codifi\u00e9 en suites appel\u00e9es <em>dastgah<\/em> (chacune avec ses propres sous-modes ou <em>avaz<\/em>), en grande partie gr\u00e2ce \u00e0 des ma\u00eetres comme Mirza Abdollah et Aqa Hossein-Qoli Farahani. (\u00c0 cette \u00e9poque, le radif comprenait environ 300 \u00e0 400 pi\u00e8ces r\u00e9parties en douze suites de dastgah.) Au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, Ali-Naqi Vaziri introduisit la th\u00e9orie occidentale dans la musique persane : il con\u00e7ut une notation pour les intervalles microtonaux (\u00e0 l&rsquo;aide des symboles sori (demi-di\u00e8se) et koron (demi-b\u00e9mol)) et tenta d&rsquo;expliquer les modes persans en termes occidentaux. Malgr\u00e9 les influences occidentales, le syst\u00e8me du dastgah reste aujourd&rsquo;hui au c\u0153ur de la musique persane, reliant le pass\u00e9 au pr\u00e9sent.<\/p>\n<p>Le <strong>syst\u00e8me du dastgah<\/strong> est une structure modale hi\u00e9rarchique. Un <em>dastgah<\/em> peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une <em>famille de modes apparent\u00e9s<\/em> et de motifs, et non comme une simple gamme. Chacun des <strong>sept dastgahs principaux<\/strong> contient plusieurs segments m\u00e9lodiques (ou <em>gushehs<\/em>) qui d\u00e9finissent son caract\u00e8re. Dans la th\u00e9orie de l&rsquo;\u00e9poque qadjare, les sept dastgahs principaux \u00e9taient identifi\u00e9s comme <em>Shur<\/em>, <em>Mahur<\/em>, <em>Rast-Panjgah<\/em>, <em>Segah<\/em>, <em>Chahargah<\/em>, <em>Nava<\/em> et <em>Homayun<\/em>. (Les sous-modes suppl\u00e9mentaires, appel\u00e9s <em>avaz<\/em>, tels que Bayat-e-Turk ou Dashti, sont g\u00e9n\u00e9ralement rattach\u00e9s \u00e0 Shur, et Bayat-e-Esfahan \u00e0 Homayun.) En pratique, une interpr\u00e9tation dans un dastgah donn\u00e9 commence par une pi\u00e8ce introductive (<em>daramad<\/em>) qui \u00e9tablit le mode principal. Les <em>gushehs<\/em> suivants peuvent explorer diff\u00e9rentes zones tonales ou des modes apparent\u00e9s. Chaque dastgah s&rsquo;\u00e9tend sur environ deux octaves \u00e0 deux octaves et demie, combinant t\u00e9tracordes et pentacordes selon des sch\u00e9mas caract\u00e9ristiques. (En effet, les modes persans se construisent par concat\u00e9nation de <strong>t\u00e9tracordes et de pentacordes<\/strong>, \u00e0 la mani\u00e8re des gammes de la Gr\u00e8ce antique, plut\u00f4t qu&rsquo;en raisonnant strictement en gammes majeures\/mineures fixes.) La s\u00e9quence ordonn\u00e9e des gushehs dans le <em>radif<\/em> d&rsquo;un dastgah guide les interpr\u00e8tes \u00e0 travers ses registres grave, m\u00e9dian et aigu, chaque segment servant de mod\u00e8le pour l&rsquo;improvisation. En bref, un dastgah est \u00ab un ensemble d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments discrets et h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes organis\u00e9s en hi\u00e9rarchie \u00bb &ndash; essentiellement un syst\u00e8me nomm\u00e9 de modes apparent\u00e9s.<\/p>\n<p>Sur le plan musical, la musique classique persane utilise des <em>microtons<\/em>. Les octaves sont divis\u00e9es en <strong>24 quarts de ton \u00e9gaux<\/strong>, comme l&rsquo;a formalis\u00e9 pour la premi\u00e8re fois Vaziri. Cela permet des intervalles plus fins que les demi-tons occidentaux : les musiciens persans parlent des 12 demi-tons auxquels s&rsquo;ajoutent les inflexions \u00ab demi-di\u00e8se \u00bb (<em>sori<\/em>) et \u00ab demi-b\u00e9mol \u00bb (<em>koron<\/em>). En pratique, les instruments obtiennent ces microtons gr\u00e2ce \u00e0 des frettes mobiles ou \u00e0 l&rsquo;embouchure. Par exemple, les frettes mobiles du tar persan permettent d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 ces quarts de ton, un \u00ab aspect essentiel des gammes musicales persanes (syst\u00e8me du dastgah) \u00bb. La ma\u00eetrise de ces intervalles subtils est la cl\u00e9 d&rsquo;une interpr\u00e9tation authentique dans n&rsquo;importe quel dastgah.<\/p>\n<h2>Principaux dastgahs et modes<\/h2>\n<p>Les sept principaux <strong>dastgahs et avaz<\/strong> sont g\u00e9n\u00e9ralement \u00e9num\u00e9r\u00e9s comme suit :<\/p>\n<ul>\n<li>\n<p><strong>Shur<\/strong> &ndash; un mode profond\u00e9ment expressif. (Ses sous-modes\/avaz incluent Abu Ata, Dashti, Afshari, Bayat-e Tork, etc.)<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p><strong>Mahur<\/strong> &ndash; lumineux, souvent compar\u00e9 \u00e0 une gamme majeure.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p><strong>Rast-Panjgah<\/strong> &ndash; h\u00e9ro\u00efque, de caract\u00e8re proche du majeur.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p><strong>Segah<\/strong> &ndash; plaintif et introspectif.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p><strong>Chahargah<\/strong> &ndash; puissant, souvent utilis\u00e9 pour conclure les c\u00e9r\u00e9monies.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p><strong>Nava<\/strong> &ndash; un mode apaisant et plaintif, apparent\u00e9 \u00e0 Segah.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p><strong>Homayun<\/strong> &ndash; riche et complexe (avec Bayat-e Esfahan comme sous-mode).<\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le r\u00e9pertoire de chaque dastgah (son <em>radif<\/em>) se compose de <em>gushehs<\/em> ordonn\u00e9s. Le premier gusheh (le <em>daramad<\/em>) \u00e9tablit le centre tonal du dastgah. Les gushehs suivants <em>modulent<\/em> souvent subtilement vers diff\u00e9rentes hauteurs t\u00e9tracordales afin de couvrir toute l&rsquo;\u00e9tendue du mode. Chaque gusheh ne s&rsquo;\u00e9tend que sur quelques notes et sert de mod\u00e8le d&rsquo;improvisation. Par exemple, apr\u00e8s que le daramad a \u00e9tabli les notes de base, les gushehs suivants peuvent explorer les t\u00e9tracordes adjacents pour \u00ab compl\u00e9ter l&rsquo;\u00e9tendue des hauteurs \u00bb du dastgah. Les interpr\u00e8tes encha\u00eenent ces pi\u00e8ces de sorte que l&rsquo;exp\u00e9rience d&rsquo;\u00e9coute progresse graduellement \u00e0 travers les registres grave, m\u00e9dian et aigu du mode. Ces transitions sont reli\u00e9es entre elles par des formules cadentielles (<em>forud<\/em>) qui r\u00e9solvent toujours vers la tonalit\u00e9 principale du dastgah.<\/p>\n<h2>Principaux instruments traditionnels<\/h2>\n<p>La musique classique persane fait appel \u00e0 un ensemble distinctif d&rsquo;<strong>instruments \u00e0 cordes pinc\u00e9es, \u00e0 cordes frott\u00e9es et \u00e0 vent<\/strong>. Les principaux instruments solistes\/m\u00e9lodiques comprennent le <em>tar, le setar, le santur, le kamancheh<\/em> et le <em>ney<\/em>. (Les percussions persanes comme le <em>zarb<\/em> et le <em>dayereh<\/em> fournissent la pulsation rythmique, mais elles sont davantage orient\u00e9es vers la musique folklorique.) Chaque instrument m\u00e9lodique est capable de produire les inflexions microtonales des modes persans. La s\u00e9lection de Tapadum comprend ces instruments afin que les musiciens puissent explorer de premi\u00e8re main le r\u00e9pertoire du dastgah.<\/p>\n<h3>Tar<\/h3>\n<p>Le <strong>tar persan<\/strong> est un luth \u00e0 double caisse recouverte de peau, et peut-\u00eatre l&rsquo;instrument le plus embl\u00e9matique de cette tradition. Sa caisse (souvent en bois de m\u00fbrier) est recouverte d&rsquo;une membrane en peau de ch\u00e8vre, ce qui lui conf\u00e8re une sonorit\u00e9 chaude et r\u00e9sonante. Le tar poss\u00e8de six cordes r\u00e9parties en trois ch\u0153urs appari\u00e9s ; il n&rsquo;en comptait \u00e0 l&rsquo;origine que cinq, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que Darvish Khan ajoute la sixi\u00e8me corde, dite \u00ab mostaq \u00bb. Son long manche porte des frettes en soie ajustables : gr\u00e2ce \u00e0 ces frettes mobiles, la gamme du tar comprend non seulement les 12 demi-tons occidentaux, mais aussi plusieurs intervalles de demi-ton\/quart de ton. En pratique, l&rsquo;interpr\u00e8te s\u00e9lectionne environ 7 \u00e0 8 tons (parmi jusqu&rsquo;\u00e0 17 disponibles) adapt\u00e9s au dastgah interpr\u00e9t\u00e9. Un petit plectre en laiton (<em>mezrab<\/em>) pince les cordes, tandis que la main gauche peut presser les frettes et glisser dessus pour des ornements expressifs. Comme ses frettes sont mobiles, le tar peut acc\u00e9der \u00e0 tous les microtons n\u00e9cessaires \u00e0 n&rsquo;importe quel mode persan &ndash; un \u00ab aspect essentiel \u00bb du syst\u00e8me du dastgah. Les joueurs de tar talentueux tissent des ornementations complexes dans leurs improvisations. Le tar dirige souvent un ensemble persan et joue un r\u00f4le de premier plan dans le r\u00e9pertoire du Radif.<\/p>\n<h3>Setar<\/h3>\n<p>Le <strong>setar<\/strong> est un luth \u00e0 long manche plus petit, g\u00e9n\u00e9ralement dot\u00e9 de quatre cordes m\u00e9talliques. (Historiquement, il n&rsquo;en avait que trois jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;un mystique du XIXe si\u00e8cle, Moshtaq Ali Shah, ajoute la quatri\u00e8me.) La caisse du setar est faite de bois fin, ce qui lui donne une sonorit\u00e9 d\u00e9licate. Son syst\u00e8me de frettes et d&rsquo;accordage est similaire \u00e0 celui du tar, permettant \u00e0 l&rsquo;interpr\u00e8te de rendre les microtons persans. C\u00f4t\u00e9 technique, le setar se joue avec l&rsquo;ongle de l&rsquo;index (au lieu d&rsquo;un plectre). Le doigt\u00e9 de la main gauche est presque identique \u00e0 celui du tar, de sorte qu&rsquo;il peut ex\u00e9cuter les m\u00eames hauteurs en quarts de ton. En raison de sa voix douce et intime, le setar est souvent utilis\u00e9 pour une musique plus introspective ou \u00ab spirituelle \u00bb, en particulier pour l&rsquo;accompagnement vocal. (Historiquement, la conception du setar a m\u00eame influenc\u00e9 le d\u00e9veloppement du sitar indien.) Dans les ensembles persans, le setar offre un contraste lyrique avec les timbres plus profonds du tar et du santur.<\/p>\n<h3>Santur<\/h3>\n<p>Le <strong>santur persan<\/strong> est un dulcimer \u00e0 cordes frapp\u00e9es, de forme trap\u00e9zo\u00efdale, dot\u00e9 de dizaines de cordes. (\u00ab Santur \u00bb signifie litt\u00e9ralement \u00ab cent cordes \u00bb.) Le santur persan poss\u00e8de <em>72 cordes en acier et en laiton<\/em> dispos\u00e9es par groupes de quatre, tendues sur des chevalets mobiles en bois pos\u00e9s sur une caisse de r\u00e9sonance en noyer. En frappant chaque groupe de quatre cordes avec de l\u00e9gers maillets en bois (<em>mezrab<\/em>), l&rsquo;interpr\u00e8te peut produire des sonorit\u00e9s brillantes et chatoyantes. Les cordes d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 (en acier) produisent les hauteurs aigu\u00ebs, tandis que les cordes en laiton de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 donnent les notes graves. Chaque groupe de quatre cordes est accord\u00e9 \u00e0 la m\u00eame hauteur, et les chevalets peuvent \u00eatre ajust\u00e9s pour r\u00e9gler l&rsquo;accord microtonal du mode. En concert, le santur peut articuler aussi bien des motifs rythmiques rapides que des ornementations d\u00e9licates. Sa sonorit\u00e9 r\u00e9sonante, semblable \u00e0 des clochettes, ajoute de l&rsquo;\u00e9clat \u00e0 l&rsquo;ensemble. Parce qu&rsquo;il peut facilement changer de registre et de dynamique, le santur est appr\u00e9ci\u00e9 tant pour les sections vives que pour les passages lyriques. (Les interpr\u00e8tes modernes utilisent des techniques comme la frappe \u00e9touff\u00e9e et de subtils angles de maillet pour obtenir les effets microtonaux persans.) La polyvalence et la sonorit\u00e9 claire du santur en font un pilier des interpr\u00e9tations du radif persan.<\/p>\n<h3>Kamancheh<\/h3>\n<p>Le <strong>kamancheh<\/strong> est une vi\u00e8le \u00e0 pique (parfois appel\u00e9e \u00ab violon \u00e0 pique persan \u00bb) qui se joue en position verticale, pos\u00e9e sur le genou. Il poss\u00e8de une caisse en bois ronde recouverte de peau et traditionnellement trois cordes (souvent quatre aujourd&rsquo;hui). L&rsquo;archet courb\u00e9 se tient par en dessous, et une extr\u00e9mit\u00e9 du crin est attach\u00e9e \u00e0 une lani\u00e8re de cuir l\u00e2che fix\u00e9e \u00e0 l&rsquo;archet, ce qui permet un contr\u00f4le nuanc\u00e9 de la tension pendant le jeu. Cette configuration, associ\u00e9e \u00e0 son manche sans frettes, donne au kamancheh une sonorit\u00e9 exceptionnellement chaude et proche de la voix humaine. Les interpr\u00e8tes exp\u00e9riment\u00e9s exploitent toute son \u00e9tendue dynamique &ndash; des m\u00e9lodies d&rsquo;une douceur envo\u00fbtante aux \u00e9lans puissants. \u00c0 bien des \u00e9gards, le kamancheh joue un r\u00f4le similaire \u00e0 celui du violon dans la musique occidentale : il peut diriger un ensemble ou se fondre dans de riches harmonies. Il est particuli\u00e8rement pris\u00e9 pour sa capacit\u00e9 \u00e0 imiter la voix humaine et l&rsquo;ornementation des modes persans. Le kamancheh est essentiel dans les traditions classiques comme folkloriques, et figure fr\u00e9quemment dans les interpr\u00e9tations du Radif. Des ma\u00eetres modernes comme Kayhan Kalhor ont popularis\u00e9 sa sonorit\u00e9 \u00e9mouvante dans le monde entier.<\/p>\n<h3>Ney<\/h3>\n<p>Le <strong>ney<\/strong> (ou <em>nay<\/em>) est une fl\u00fbte en bambou \u00e0 embouchure terminale et le principal instrument \u00e0 vent de la musique persane. C&rsquo;est un instrument tr\u00e8s ancien &ndash; utilis\u00e9 en Iran depuis plus de 4 500 ans. Le ney persan poss\u00e8de cinq trous pour les doigts et un trou pour le pouce (contrairement aux nays turcs\/\u00e9gyptiens), et se joue en soufflant sur le bord biseaut\u00e9 du sommet du roseau. Cette \u00ab embouchure \u00bb est notoirement difficile \u00e0 ma\u00eetriser. La sonorit\u00e9 du ney est douce, souffl\u00e9e et expressive. Il peut ex\u00e9cuter les quarts de ton en ajustant la couverture partielle des trous et par de subtils changements de la forme des l\u00e8vres. En pratique, l&rsquo;interpr\u00e8te produit le son plaintif caract\u00e9ristique du ney en apprenant \u00e0 \u00e9mettre des sonorit\u00e9s constantes et r\u00e9sonantes avec le bon angle de fl\u00fbte et le bon souffle. Dans les ensembles, le ney offre souvent un contrepoint m\u00e9ditatif ; dans les improvisations en solo, il peut \u00e9voquer toute la palette \u00e9motionnelle d&rsquo;un dastgah.<\/p>\n<p>Chacun de ces instruments est par nature adapt\u00e9 aux modes persans. Les instruments \u00e0 frettes comme le tar et le setar accueillent physiquement les quarts de ton, tandis que ceux qui en sont d\u00e9pourvus (kamancheh, santur) s&rsquo;appuient sur des chevalets mobiles ou sur la technique de l&rsquo;interpr\u00e8te. Le ney obtient les microtons en couvrant partiellement les trous ou en ajustant le souffle. En utilisant ces instruments pour jouer le radif, les musiciens peuvent exprimer fid\u00e8lement les subtiles relations de hauteurs de chaque dastgah. Par exemple, en interpr\u00e9tant le Dastgah-e Shur au tar, l&rsquo;interpr\u00e8te positionnera les frettes mobiles pour capturer les degr\u00e9s demi-b\u00e9mol et demi-di\u00e8se de Shur. De m\u00eame, un santur est accord\u00e9 avec ses chevalets plac\u00e9s de sorte que ses 72 cordes correspondent \u00e0 la gamme de Shur (y compris ses quarts de ton). De cette mani\u00e8re, chaque instrument et son accord refl\u00e8tent directement la th\u00e9orie modale.<\/p>\n<h2>Application pratique pour les musiciens modernes<\/h2>\n<p>Les musiciens iraniens d&rsquo;aujourd&rsquo;hui perp\u00e9tuent cette tradition en apprenant et en improvisant dans le cadre du dastgah. En g\u00e9n\u00e9ral, on m\u00e9morise le Radif d&rsquo;un dastgah donn\u00e9 (souvent en \u00e9tudiant aupr\u00e8s d&rsquo;un ma\u00eetre), puis on l&rsquo;utilise comme <strong>guide d&rsquo;improvisation<\/strong>. Une interpr\u00e9tation dans un dastgah commence habituellement par son daramad pour \u00e9tablir le mode \u00ab de base \u00bb, puis parcourt les autres gushehs pour explorer le mat\u00e9riau m\u00e9lodique apparent\u00e9. Ce faisant, le musicien int\u00e9riorise les r\u00e8gles de chaque mode : par exemple, quelles notes peuvent \u00eatre infl\u00e9chies, quelles cadences concluent une phrase et quels motifs tonals d\u00e9finissent ce dastgah. Parce que la musique persane privil\u00e9gie l&rsquo;expression \u00e9motionnelle, l&rsquo;interpr\u00e8te ornemente librement et d\u00e9place subtilement les hauteurs dans le cadre de ces r\u00e8gles, en utilisant les capacit\u00e9s de l&rsquo;instrument (gliss\u00e9s sur le tar ou le kamancheh, sonorit\u00e9 de souffle sur le ney, etc.) pour \u00ab colorer \u00bb chaque note.<\/p>\n<p>Les compositeurs modernes et les artistes de fusion s&rsquo;appuient \u00e9galement sur la th\u00e9orie du dastgah. Comprendre les sch\u00e9mas de gammes (construits \u00e0 partir de t\u00e9tracordes\/pentacordes sp\u00e9cifiques) permet aux musiciens de m\u00ealer les modes persans \u00e0 d&rsquo;autres styles musicaux. Par exemple, les musiciens de jazz en Iran prennent souvent un dastgah comme Homayun (un mode proche du mineur) et improvisent des m\u00e9lodies de jazz qui honorent n\u00e9anmoins sa gamme microtonale.<\/p>\n<p>Des outils pratiques existent d\u00e9sormais pour aider les interpr\u00e8tes contemporains. Les syst\u00e8mes de notation (utilisant les symboles sori\/koron de Vaziri) permettent d&rsquo;\u00e9crire les m\u00e9lodies persanes pour les \u00e9tudier. Les enregistrements d&rsquo;interpr\u00e9tations du radif par de grands ma\u00eetres sont largement disponibles \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute. Et les instruments eux-m\u00eames (tels que le tar, le setar, le santur, le kamancheh et le ney) peuvent \u00eatre obtenus aupr\u00e8s de boutiques sp\u00e9cialis\u00e9es. (Par exemple, l&rsquo;inventaire d&rsquo;instruments ethniques de Tapadum propose d&rsquo;authentiques mod\u00e8les de tar et de santur persans.) En combinant cet \u00e9quipement avec l&rsquo;\u00e9tude th\u00e9orique, un musicien moderne peut acc\u00e9der \u00e0 toute la profondeur du syst\u00e8me du dastgah.<\/p>\n<p>En r\u00e9sum\u00e9, la musique traditionnelle iranienne est un art modal richement d\u00e9velopp\u00e9. Son syst\u00e8me du <em>dastgah<\/em> &ndash; une hi\u00e9rarchie de modes et de fragments m\u00e9lodiques &ndash; fournit l&rsquo;ossature th\u00e9orique de la composition et de l&rsquo;improvisation. Sa palette tonale unique (octave de 24 quarts de ton) exige des instruments particuliers : le <em>tar<\/em> \u00e0 frettes mobiles, le d\u00e9licat <em>setar<\/em>, le <em>santur<\/em> \u00e0 cordes frapp\u00e9es, le <em>kamancheh<\/em> \u00e0 archet et le <em>ney<\/em> au souffle a\u00e9rien, entre autres. Ensemble, ces \u00e9l\u00e9ments permettent aux musiciens persans d&rsquo;\u00e9voquer des si\u00e8cles d&rsquo;expression musicale et de cr\u00e9er de nouvelles \u0153uvres enracin\u00e9es dans cette tradition vivante.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\t\t\t<!-- filter nav --><br \/>\n\t\t\t\t\t\t<!-- filter nav --><br \/>\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=WF4H9usNfms\" data-url=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/WF4H9usNfms?autoplay=1&amp;rel=0\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><br \/>\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/img.youtube.com\/vi\/WF4H9usNfms\/0.jpg\" alt=\"Video thumb\"><br \/>\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/a><br \/>\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=OUYcRqh5UOc\" data-url=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/OUYcRqh5UOc?autoplay=1&amp;rel=0\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><br \/>\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/img.youtube.com\/vi\/OUYcRqh5UOc\/0.jpg\" alt=\"Video thumb\"><br \/>\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La musique traditionnelle iranienne : histoire, syst\u00e8me du dastgah et instruments La musique classique persane est une tradition modale aux racines historiques profondes. Ses origines remontent \u00e0 la Perse antique et \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque sassanide, o\u00f9 des musiciens royaux comme Barbod con\u00e7urent sept \u00ab modes royaux \u00bb et des centaines de m\u00e9lodies (une pour chaque jour [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":25330,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[591,411,285],"tags":[],"class_list":["post-32299","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-theorie-musicale","category-instruments-fr","category-non-classifiee"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/tapadum.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32299","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/tapadum.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/tapadum.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tapadum.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tapadum.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=32299"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/tapadum.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32299\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":37789,"href":"https:\/\/tapadum.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32299\/revisions\/37789"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tapadum.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/25330"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/tapadum.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=32299"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/tapadum.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=32299"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/tapadum.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=32299"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}