Le Kopuz : L’Ancêtre Antique de la Famille Baglama

Ce que vous apprendrez : d’où vient le mot « kopuz » et pourquoi on l’appelle le plus ancien instrument des Turcs, son rôle dans la transe chamanique et dans les récits épiques de Dede Korkut, comment il est devenu l’ancêtre de la famille baglama, et ce qui rend le kopuz revivifié d’aujourd’hui — le Dede Sazi — différent à jouer d’un baglama moderne.
Bien avant que le baglama n’ait un nom, il y avait le kopuz — un mot qui signifiait simplement « instrument de musique » dans tout le monde turcophone, et qui en est venu à désigner un instrument en particulier : le luth à long manche que les historiens et musicologues appellent le plus ancien instrument national des Turcs. Presque tous les instruments à cordes de la musique turque anatolienne, le baglama en premier lieu, remontent à lui.
Qu’est-ce qu’un Kopuz ?
Le nom survit aujourd’hui dans une famille de mots apparentés à travers les langues turciques d’Asie centrale — komis, kobuz, kobiz, kubuz, homis — tous renvoyant à la même racine. Ce n’était pas une conception unique et fixe, mais plutôt une catégorie : un luth à long manche, pincé ou frotté, porté à travers la steppe par les peuples turciques nomades et semi-nomades, apparaissant sous des formes qui variaient selon la région et l’époque.
De la Transe Chamanique à l’Épopée de Dede Korkut
Le rôle le plus anciennement documenté du kopuz n’était pas le divertissement musical — c’était un travail spirituel. Dans les systèmes de croyance de la steppe d’Asie centrale, en particulier les traditions tengristes de la région de l’Altaï, des figures religieuses appelées Kam ou Baksı utilisaient le kopuz pour entrer en état de transe, invoquant des esprits protecteurs et repoussant les esprits malveillants. L’instrument était considéré comme porteur d’un pouvoir réel, pas seulement comme un accompagnement rituel.
Ce poids sacré s’est transmis dans la tradition épique turcique. Dans le Livre de Dede Korkut, l’épopée fondatrice de la culture turcique oghouze, le kopuz apparaît entre les mains de Dede Korkut lui-même — et, selon la tradition, quand il jouait, les disputes entre guerriers cessaient. L’instrument est passé d’un outil chamanique pour contacter le monde des esprits au compagnon des bardes itinérants appelés ozans, qui portaient l’histoire et la légende tribale de village en village sur ses cordes.
L’Ancêtre de la Famille Baglama
Les musicologues font remonter le baglama — et par extension toute la famille des saz anatoliens — directement au kopuz. À mesure que les peuples turciques s’installaient d’Asie centrale en Anatolie, la conception de l’instrument s’est progressivement spécialisée : des frettes ont été ajoutées, les chœurs de cordes ont été doublés puis triplés, et une technique au plectre s’est développée. Ce qui a émergé au fil des siècles est la famille baglama que nous connaissons aujourd’hui. Le kopuz est également apparenté à des instruments encore joués dans tout le vaste monde turcique, du kobyz kazakh au komuz kirghize — un rappel que la tradition des cordes d’Anatolie n’est qu’une branche d’un arbre généalogique bien plus vaste et ancien.
Le Kopuz Aujourd’hui : La Renaissance du Dede Sazi
Aucun kopuz original de l’époque la plus ancienne de l’instrument n’a survécu intact, donc le kopuz joué aujourd’hui — souvent vendu sous le nom de Dede Sazi ou Balta Saz — est une reconstruction moderne, construite à partir de descriptions historiques et de l’iconographie, et relancée ces dernières décennies en Turquie. Ce qui le distingue d’un baglama standard n’est pas seulement l’histoire — c’est la technique. Là où la plupart des instruments de la famille baglama utilisent des chœurs de cordes doublés ou triplés joués au plectre (mızrap), le kopuz est équipé de cordes simples et se joue aux doigts, généralement accordé Do–Sol–Do du grave à l’aigu. Cette technique aux doigts, plus proche de la main d’un luth ou d’un oud que de la main au plectre du baglama, est la différence audible la plus claire entre les deux.
Notre propre Kopuz Turc – Dede Sazi suit cette reconstruction : une caisse taillée dans une seule pièce de noyer ou de mûrier, des chevilles d’accordage traditionnelles en bois, et un ton chaud et résonnant adapté au jeu aux doigts de l’instrument. Avec environ 75 cm de long et 3 kg, il se situe confortablement à côté d’un baglama en taille tout en sonnant de manière nettement différente en main.
À Qui S’adresse le Kopuz Aujourd’hui ?
Le kopuz n’est généralement le premier instrument à cordes de personne — il récompense les joueurs qui ont déjà une base en baglama ou au luth et qui veulent explorer la technique et l’histoire derrière toute la famille. Il convient aux collectionneurs et aux historiens de musique folklorique attirés par les associations chamaniques et épiques de l’instrument, aux joueurs de baglama curieux de savoir d’où vient réellement la logique de frettage et d’accordage de leur instrument, et aux interprètes travaillant dans un style narratif influencé par les ozans, où une voix aux doigts et à cordes simples convient mieux qu’une voix au plectre.
Si vous choisissez votre premier instrument à cordes turc, notre guide Choisir Votre Premier Baglama est le point de départ le plus pratique — le kopuz est l’étape suivante, une fois que vous savez déjà ce que vous recherchez à l’oreille.
Questions Fréquemment Posées
Le kopuz est-il le même instrument que le baglama ?
Non, bien qu’ils soient étroitement liés. Le kopuz est l’ancêtre historique de la famille baglama. Le kopuz d’aujourd’hui se joue aux doigts avec des cordes simples, tandis que le baglama utilise des chœurs de cordes doublés ou triplés joués au plectre — la différence pratique la plus claire entre les deux.
À quoi servait à l’origine le kopuz ?
Son rôle le plus anciennement documenté était spirituel plutôt que purement musical : les figures religieuses Kam et Baksı de la tradition tengriste d’Asie centrale l’utilisaient pour entrer en transe. Il est ensuite devenu central dans la tradition épique turcique, notamment dans le Livre de Dede Korkut.
Un kopuz moderne est-il historiquement fidèle ?
Aucun kopuz original de sa période la plus ancienne n’a survécu intact, donc l’instrument d’aujourd’hui — souvent vendu comme Dede Sazi ou Balta Saz — est une reconstruction moderne basée sur des descriptions historiques et l’iconographie, relancée en Turquie ces dernières décennies plutôt qu’une conception continue ininterrompue.
Comment le kopuz est-il accordé ?
L’accordage moderne courant est Do–Sol–Do, du grave à l’aigu, avec les deux cordes de Do à l’unisson et le Sol en dessous. C’est un instrument à cordes simples plutôt que les chœurs doublés ou triplés que l’on trouve sur la plupart des instruments de la famille baglama.
Le kopuz est-il lié à des instruments hors de Turquie ?
Oui. Le nom et la famille d’instruments sont apparentés à des luths à long manche présents dans tout le vaste monde turcophone, notamment le kobyz kazakh et le komuz kirghize — différents descendants régionaux de la même tradition steppique.
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