Description
Le kopuz turc est le membre petit et à manche court de la famille du baglama et du saz, et le nom dede sazi — « le saz de l’ancien » — indique là où il a le plus compté : entre les mains du dede, le guide spirituel qui conduit la cérémonie cem alevi-bektachi. Cet instrument est construit dans cette tradition, fini à la main en Turquie pour ceux qui cherchent la voix du saz dans un corps assez petit pour être emporté partout.
La place du kopuz dans la famille du saz
Les luths anatoliens à manche long forment une famille de tailles plutôt qu’un instrument unique. La cura est la plus petite et la plus aiguë, le baglama entier se tient au milieu, et le divan sazi est le plus grand et le plus grave. Le kopuz appartient au versant petit : un corps sculpté compact et un manche court, ce qui relève la hauteur, resserre la réponse des cordes et rapproche les frettes au point que la main gauche couvre un mode entier sans changer de position.
La conséquence pratique, c’est la franchise. Un diapason court parle vite et reste audible à côté d’une voix qui chante sans exiger du volume — exactement ce dont a besoin un instrument de cérémonie ou d’accompagnement. C’est aussi pourquoi le kopuz voyage : il entre dans une voiture, un bus et une petite pièce là où un divan sazi n’entre pas.
Dede sazi — l’instrument du cem
Dans la pratique alevi-bektachi, le saz n’accompagne pas le culte, il en fait partie. Le dede joue en chantant deyis et nefes — des poèmes chantés qui portent l’enseignement de la communauté — et l’instrument est traité avec le respect dû à un objet sacré. Le kopuz construit pour ce rôle est sobre plutôt qu’ornementé, dimensionné pour être tenu près du corps, et timbré pour se placer sous une voix dans le registre parlé plutôt qu’au-dessus d’elle.
Cet héritage détermine ce que l’instrument réussit le mieux aujourd’hui. Il récompense celui qui chante, et convient à un répertoire fondé sur la mélodie modale et l’accompagnement rythmique plutôt que sur un jeu d’accords dense.
Technique de jeu
Le kopuz se joue de deux façons. Avec un mizrap — un plectre souple, traditionnellement en écorce de cerisier — la main droite mène des lignes mélodiques nettes et les rythmes en coups descendants des formes de danse anatoliennes. Dans la technique selpe, le plectre est mis de côté et les cordes sont frappées, tapées et pincées directement avec les doigts, pour une attaque percussive et un jeu simultané de mélodie et de rythme. Les deux sont courantes sur cet instrument, et le manche court rend la seconde plus facile à apprendre que sur un baglama de longueur pleine.
L’accordage suit la pratique du saz, le joueur choisissant le duzen qui convient au répertoire ; les frettes attachées peuvent être déplacées le long du manche pour placer les degrés microtonaux qu’exigent les modes anatoliens.
En bref
| Famille | Famille baglama / saz, manche court |
| Aussi appelé | Dede sazi |
| Se joue avec | Mizrap (plectre) ou technique selpe aux doigts |
| Frettes | Attachées, repositionnables pour les intervalles modaux |
| Origine | Turquie |
À qui il s’adresse
Le kopuz convient à ceux qui chantent en s’accompagnant, à ceux qui travaillent déjà le répertoire anatolien et cherchent un petit instrument pour le voyage et le travail quotidien, et à quiconque est attiré par la tradition alevi-bektachi en particulier. Les guitaristes qui s’y essaient trouveront le diapason court familier sous la main, même si les frettes attachées et l’accordage modal demandent un temps d’adaptation. Si vous préférez la voix plus pleine et plus grave de l’instrument standard, la collection baglama et saz couvre les tailles supérieures, et la plus large gamme d’instruments à cordes le place aux côtés des autres luths pincés que nous construisons et sélectionnons.
Répertoire
Le répertoire central est anatolien : le turku des traditions folk régionales, les deyis et nefes de la pratique alevi-bektachi, et la tradition des asik, ces poètes-musiciens itinérants qui chantaient leurs propres vers sur leur propre saz. Les joueurs l’emmènent aussi dans les arrangements folk anatoliens contemporains, où sa voix brillante à diapason court traverse un ensemble sans amplification. La longue histoire de l’instrument se lit sur Wikipédia.
Entretien
Gardez l’instrument dans une humidité modérée et stable, à l’écart de la chaleur directe — un corps sculpté et une table d’harmonie en bois bougent tous deux avec les saisons. Essuyez les cordes et le corps avec un chiffon doux et sec après avoir joué. Vérifiez de temps en temps les frettes attachées : elles peuvent se déplacer à l’usage, et une frette qui a glissé désaccorde une seule note tandis que le reste du manche sonne juste. Remplacez les cordes lorsqu’elles perdent leur brillance ou commencent à friser contre les frettes. D’autres instruments de la même famille se trouvent dans la collection kopuz.
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